Sciencespace

Jeudi 3 juillet 2008
source : Techno-Sciences

L'Agence spatiale européenne (ESA) et le Centre national d'études spatiales (CNES) s'apprêtent à accueillir, en coopération avec la NASA et le Groupe de travail international sur l'exploration de Mars (IMEWG), une Conférence internationale les 9 et 10 juillet à l'Auditorium de la Bibliothèque Nationale de France à Paris, pour débattre de la prochaine étape de l'exploration de la Planète rouge.


Vue d'artiste du redécollage depuis la surface martienne
de la mission MSR (Mars Sample Return / Retour d'Echantillons Martiens)

Les chercheurs continuent à recevoir des données des missions Phoenix, Mars Reconnaissance Orbiter, Mars Exploration Rover et Mars Odyssey de la NASA ainsi que de la mission Express de l'ESA, dans l'attente des missions à venir, encore plus prometteuses, notamment Mars Science Laboratory à la NASA et ExoMars à l'ESA. L'exploration de Mars se poursuit à un rythme régulier et les futures missions intégreront des charges utiles scientifiques et des technologies qui permettront, à terme, de réaliser l'objectif final d'une mission habitée à destination de Mars.

Il est acquis depuis longtemps, au sein de la communauté internationale, que la prochaine étape indispensable, susceptible d'améliorer de manière exponentielle nos connaissances sur la Planète rouge et son environnement, est une mission de retour d'échantillons.

La coopération internationale s'impose de plus en plus comme un élément clé de l'exploration spatiale, notamment en ce qui concerne les projets les plus ambitieux.

Ces deux constats – la prochaine étape incontournable de l'exploration de Mars et la coopération internationale – ont conduit l'IMEWG à décider de mettre en place un comité international ad hoc chargé d'étudier le cadre international d'un concept de Mission de retour d'échantillons martiens (MSR).

Après plusieurs mois de travaux menés en commun par des scientifiques et des ingénieurs du monde entier, le groupe “iMARS” est prêt à publier les résultats de ses délibérations sur l'architecture commune envisagée pour une future mission MSR internationale.

La Conférence internationale sur le retour d'échantillons martiens réunira des chercheurs et des industriels ainsi que des représentants des agences spatiales du monde entier pour faire le point sur la situation et les perspectives de l'exploration de Mars au cours des prochaines décennies. A cette occasion, deux importantes communications seront faites par Steve Squyres de l'université Cornell, responsable de recherche de la mission MER, et Jean-Pierre Bibring de l'Institut d'astrophysique spatiale, chargé d'un instrument clé de Mars Express.
Par RaMMi (by Luke Production)
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Mardi 8 juillet 2008
source : Futura-Sciences

Pleuvait-il sur Mars il y a seulement quelques milliards d’années ? Oui d’après un groupe de géologues et de géochimistes. Le sol de Mars, qui possède de nombreux points communs avec celui du désert de l’Atacama, serait le fidèle enregistreur du climat martien.

Plus l’on en apprend sur la Planète rouge, plus ses similitudes avec la Terre apparaissent, ce qui est de bon augure pour les chercheurs en exobiologie. Les dernières missions martiennes n’ont fait que confirmer ce que l’on savait déjà depuis l’arrivée sur Mars des sondes Viking. De l’eau liquide a bien existé sur cette planète dans un lointain passé et s'y trouve toujours, au moins sous forme de glace, comme vient de le démontrer récemment la sonde de la mission Phoenix.

De multiples traces d’écoulement d’eau liquide se retrouvent dans le paysage martien. Toutefois les planétologues en étaient arrivés à la conclusion que depuis quelques milliards d’années, à part quelques remontées d’eau liquide causées par une activité volcanique assez localisée faisant fondre le pergélisol, Mars était essentiellement une planète aride et glacée.

Les chercheurs ont ainsi décrit trois époques dans l’histoire géologique de la Planète rouge. L’une, baptisée le Noachien, s’étendait de la naissance de Mars à -3,5 milliards d’années environ. C’est la période pendant laquelle le climat était plutôt chaud et humide, avec la présence très probable d’océans. Puis vint l’Hespérien, qui bien que marqué par une activité volcanique importante ne relâche pas suffisamment de gaz à effet de serre dans l’atmosphère pour maintenir une température compatible avec l’existence d’eau liquide. C’est à ce moment que la planète se dessèche rapidement et se glace. L’Hespérien prend fin il y a 1,8 milliard d’années et c’est alors que débute l’Amazonien actuel.

Selon un géologue de l’Université de Berkeley, Ronald Amundson, de l’eau liquide existait encore sur Mars pendant toute la période de l’Hespérien au moins sous forme de pluies !

Pour arriver à cette conclusion surprenante, lui et des collègues géologues et géochimistes ont passé en revue les différentes analyses de sol effectuées par les missions Viking, Pathfinder, Spirit et Opportunity. Ils ont alors trouvé des signatures géochimiques tout à fait comparables à celles que l’on peut trouver dans les sols terrestres, comme ceux du désert de l’Atacama au Chili , ou encore dans des vallées arides en Antarctique.

Des polygones de dessication dans un sol riche en sulfate sont évidents sur cette image prise par Opportunity dans la région de Meridiani Planum. Crédit : Nasa

Des traces fossiles qui ressemblent à celles des déserts terrestres

En premier lieu, sur les sites d’atterrissages de Viking, Pathfinder et Spirit, le sol est plus pauvres en certains éléments que les débris rocheux dont il est issue, un signe qui sur Terre correspond à l’entraînement en profondeur de ces éléments par l’infiltration des eaux de pluies. De plus, alors que les sulfates et les chlorures sont facilement dissous dans l’eau, les premiers le sont moins que les derniers. Si de l’eau s’était évaporée du sol martien ou plus précisément sublimée en passant de la glace à la vapeur, les couches superficielles devraient être riches en chlorures et recouvrir d’autres couches riches en sulfates. C’est précisément l’inverse que l’on constate, un signe de plus de la présence d’averses de pluies.

Des polygones de dessiciation dans un sol riche en sulfates dans le désert de l'Atacama au Chili. Crédit : Ronald Amundson, UC Berkeley

On trouve d’ailleurs sur la surface de Mars, comme à Meridiani planum, des sols polygonaux analogues à ceux du désert de l’Atacama. Il s’agirait de polygones de dessication dans des sédiments sulfatés causés par l’évaporation d’un sol humidifié par, là encore, de la pluie.

Il est difficile d’être sûr que tous ces phénomènes ne peuvent être formés que par des processus analogues à ceux présents sur Terre mais la possibilité ne peut être écartée. Quoiqu'il en soit, cela laisse penser que des études plus fines des sols terrestres, comme ceux existant dans le désert de l’Atacama, sont probablement une clé importante pour comprendre le climat martien passé.

Des traces d'écoulements d'eau liquide sur Mars. Crédit : Nasa/JPL/<em>University of Arizona</em>
Des traces d'écoulements d'eau liquide sur Mars. Crédit : Nasa/JPL/University
Par RaMMi (by Luke Production)
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Mercredi 9 juillet 2008
source : Futura-Sciences

Mercure est à l’honneur dans la revue Science qui publie onze articles portant sur les découvertes de la sonde Messenger lors de son survol de la planète en janvier 2008. Mercure apparaît plus complexe qu'on ne le pensait, notamment par le rôle du volcanisme dans le modelage de sa surface. Le mystère de son champ magnétique, lui, demeure...

Avec Pluton, la planète Mercure est probablement l’un des astres les moins bien connus du système solaire. Mais la situation vient d'évoluer depuis son survol par la sonde Messenger, lancée en août 2004. C’est le grand retour de la première planète sur le devant de la scène des études planétologiques car, depuis les trois survols de la sonde Mariner 10 en 1974 et 1975, aucun engin créé de la main de l’Homme ne s’était approché d'elle.

Bien des questions étaient d’ailleurs en suspens, qu’elle était donc l’origine du champ magnétique, cent fois plus faible que celui de la Terre, détecté par Mariner ? La surface fortement cratérisée de la planète n’était-elle que le produit du bombardement météoritique ou, comme certains le pensaient, une partie de sa structure était-elle due à une activité volcanique ?

Les planétologues attendaient donc beaucoup du survol de ce début d’année et des techniques d’imageries multi-spectrales et d’altimétrie que la sonde allait mettre en œuvre. Ils n’ont pas été déçus et, selon eux, Mercure apparaît plus complexe qu'on ne l'imaginait.

Les trois survols précédents de la sonde Mariner 10 n’avaient permis que d’étudier la moitié de la surface de Mercure. Celui de Messenger nous a livré des informations sur la composition minéralogique et la topographie de l'autre moitié. D’autres survols devraient permettre d’avoir enfin une image complète de la surface de Mercure.

Ces passages auront lieu les 6 octobre 2008 et 29 septembre 2009. La mission Messenger ne s’arrêtera d’ailleurs pas là, car la sonde se mettra en orbite autour de Mercure le 18 mars 2011 si tout se passe bien.


Photo 1. Cliquez pour agrandir. Un zoom sur le bassin Caloris, pour l'interprétation des fausses couleurs se reporter à la photo suivante. Crédit : Nasa

Mercure possède de vastes plaines et l’une des questions qui habitait l’esprit des planétologues depuis 1975 était de savoir si elles résultaient du remplissage quasi uniforme des creux de la surface de la planète par des éjectats d’impacts de météorites ou par des retombées de matériaux volcaniques.

La première hypothèse était soutenue par des observations localisées sur la Lune de ce phénomène suite à la mission Apollo 16 en 1972. Certains scientifiques avaient bien argumenté en faveur de la seconde hypothèse mais les photographies de Mariner 10 ne montraient aucune trace de volcans ni d’activité volcanique, par exemple sous forme de coulées de lave. Bien sûr, la résolution des images prises par la sonde laissait planer le doute et une absence de consensus était donc permise parmi les planétologues.

Aujourd’hui, les images multi-spectrales du bassin Caloris, la plus grosse trace d'impact de météorite, ne laissent plus guère de doute. D’une surface d’au moins un million de kilomètres carrés, ce bassin possède sur son pourtour des bouches éruptives clairement identifiables et ses plaines regorgent de coulées de laves très similaires à celles, basaltiques, occupant les mers lunaires.

Un tel volume indique d’ailleurs l’existence, dans le passé de Mercure, d’importantes sources de magma dans le manteau supérieur.


Photo 2. Les plaines emplies de laves pauvres en fer sont représentées en orange pâle dans le bassin Caloris, identifié par la lettre C. Les flèches blanches indiquent des plaines jeunes dont la composition semble proche de celles du bassin Caloris. Les flèches noires indiquent les « points rouges » qui seraient formés par des explosions volcaniques. En bleu foncé, des zones occupées par de vieilles roches contenant peut-être de l’ilménite riche en fer. Crédit : Nasa/JHUAP/Arizona State University

En outre, les images en fausse couleurs prises à différents longueurs d’ondes montrent clairement des points rouges, comme les ont baptisés les planétologues, qui s’interprètent bien comme des édifices volcaniques laissés par des éruptions explosives avec coulées pyroclastiques.

En revanche, les chercheurs sont surpris par la pauvreté en fer des roches détectées par Messenger, en particulier celles qui sont volcaniques. Cela ne signifie pas forcément une faible abondance de fer dans les roches de la croûte et du manteau de Mercure, ce dernier pourrait en effet être caché dans des minéraux comme l’ilménite difficile à détecter avec un simple survol. Il faudra attendre la mise en orbite de Messenger en 2011 pour exploiter à fond la puissance des instruments de la sonde. Quoiqu'il en soit, ces particularités sont susceptibles de nous en dire long sur l’histoire et l’évolution de Mercure.


Le champ magnétique de Mercure ressemble à celui de la Terre et il est écrasé par le flux de vent solaire. Crédit : Nasa/Johns Hopkins University Applied Physics Laboratory/Carnegie Institution of Washington

Le noyau de Mercure est ferreux, il constitue près de 60% de la masse de la planète et l’on sait qu’il est en partie fondu. Il est donc tentant d’imaginer qu’un processus de dynamo turbulente auto-excitée doit y engendrer un champ magnétique comme celui de la Terre. De fait, Mariner 10 puis Messenger ont bel et bien détecté un tel champ magnétique qui est en plus dipolaire et orienté selon l’axe de rotation de Mercure, exactement comme dans le cas de nôtre planète.

Toutefois, cela ne suffit pas pour en conclure qu’il y a bien une dynamo active à l’intérieur de Mercure. Il pourrait en effet s’agir d’un champ résiduel. Fait remarquable, son intensité actuelle est la même que celle observée il y a plus de trente ans par les Mariner. Cette constance (étonnante en comparaison des modifications du champ terrestre) pose de sévères contraintes sur l'existence actuelle d'une dynamo en action. Là encore, il faudra attendre la mise en orbite de Messenger pour en apprendre plus.

Une étrange structure baptisée L'araignée (The spider) au milieu du bassin Caloris. Crédit : Nasa
Une étrange structure baptisée L'araignée (The spider) au milieu du bassin Caloris. Crédit : Nasa
Par RaMMi (by Luke Production)
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