Concours

Mercredi 27 décembre 2006
Au début du siècle dernier, sous le règne du roi Louis XVIII, un prêtre du diocèse de Toulouse voulut publier une antique prophétie sur les papes. Or, le gouvernement fut si profondément ému qu'il interdit la publication de cette prédiction. Quelles étaient donc ces terribles révélations qui auraient pu à ce point troubler la tranquillité publique ?

Il s'agissait d'une très ancienne prophétie, attribuée á Saint Malachie, un évêque irlandais du XIIe siècle, et publiée pour la première fois en 1595.
Cet écrit a fait, depuis, couler beaucoup d'encre, et partisans et détracteurs de son authenticité se sont tour á tour affrontés. Il prétendait en effet faire connaître le nombre exact des papes jusqu'à la fin du monde.
Mais cette prophétie de saint Malachie n'est pas la seule dans ce cas ; il en existe trois autres, moins célèbres assurément, mais qui constituent également des témoignages curieux sur le même sujet.

Partie I: Les prophéties de saint Malachie
Partie II: La fin des papes selon Malachie

Des prophéties peu réalistes

La première prophétie, sans nom d'auteur, est un recueil manuscrit conservé à la bibliothèque de l'Arsenal à Paris.
Elle commence au pape Pie II (1458-1464) et fixe la fin du monde au septième successeur de Sixte-Quint, soit au pape Grégoire XV, qui mourut en 1623 !

Le pape Grégoire XV

Le second recueil, dit de Scaliger, contient deux vaticinations forts obscures datant du XIIIe siècle et donne comme dernier pape, Urbain VI, qui régna de 1378 á 1389.

La dernière enfin, due à un certain Joannini et imprimée à Venise en 1600, est aussi fantaisiste que les deux premières.

Leurs auteurs, d'ailleurs, étaient prudents, et l'un d'eux n'hésitait pas à terminer ainsi sa prédiction :

« Au surplus le Seigneur, qui tient entre ses mains les étoiles mêmes du firmament, est assez puissant pour changer d'avis, s'il lui plaît. »

Avec de pareilles réserves, on évite ainsi tout risque d'erreur...

La prophétie de Malachie

Les prédictions de saint Malachie paraissent être d'une autre veine. Leur succès peut sans doute s'expliquer par le fait qu'elles assignent, comme date de la fin du monde, les années voisines de l'an 2000.

Cette prophétie, en outre, n'étant pas encore accomplie, puisqu'il reste un ou deux papes, en comptant le pape actuel.
Il y a effectivement controverse ou plutôt écart d’interprétation selon que l’on considère que la 112e « sentence » qui annonce le Jugement dernier se réfère au dernier Pape ou n’est que la conclusion de la prédiction.

Malachie (Peinture italienne du Xe siècle)

Toutes ces raisons sont certainement pour beaucoup dans l'intérêt qu'elle a suscité et suscite encore de nos jours.
Mais il faut reconnaître également que nombre de ces prophéties sur les papes demeurent troublantes tant elles semblent coïncider, souvent à la perfection, avec la réalité historique de leur règne.

Avant d'aborder l'étude de ce texte proprement dit, voyons qui fut son véritable auteur.

Qui était Malachie ?

Malachie naquit en 1094, en Irlande, dans la ville d'Armagh. Jeune encore il voulut devenir prêtre et se mit sous la direction d'un pieux ermite, Ismar.

L'évêque d'Armagh, frappé de sa sainteté, lui conféra la prêtrise. Il réforma ensuite les monastères d'Irlande, y rétablit la discipline, ce qui lui valut à trente ans d'accéder á l'épiscopat.

Quelques années plus tard il devenait archevêque d'Armagh et primat d'Irlande, la plus haute dignité ecclésiastique du pays.
Malachie s'employa à surveiller les moeurs de son clergé, à évangéliser les campagnes, puis, jugeant son rôle terminé, il se démit de ses charges et se retira, par humilité, dans un petit diocèse, celui de Down.

En 1139, il fit le voyage de Rome, visita au passage Clairvaux, où il se lia d'amitié avec saint Bernard, fut reçu avec les plus grands honneurs par le pape Innocent II et revint en Irlande poursuivre son apostolat.

En 1148 il revint en France pour y saluer le pape Eugène III, qui devait s'y rendre, et eut la consolation de mourir entre les bras de saint Bernard, qui, plus tard, écrivit sa vie pour l'édification de ses frères.

Or, le saint parle des dons prophétiques de son ami.
Les disciplines, écrit-il, reconnurent que Malachie avait l'esprit de prophétie. Si nous faisons bien attention au petit nombre de faits cités, prophéties, révélations, punitions d'impies, grâces de guérison, conversions des coeurs, résurrections des morts, rien ne lui a manqué. Dieu qui l'aimait l'a orné de toutes ces gloires. »

Voilà donc attestés les dons de voyance de Malachie par un témoin irrécusable. Est-ce à dire qu'il est bien l'auteur de la prophétie sur les papes ? Beaucoup l'ont cru, d'autres l'on contesté.

Qui a écrit la prophétie sur les Papes ?

Ce qui est certain, c'est que nul n'en entendit parler avant 1595, date de sa première publication, c'est-à-dire prés de cinq siècles et demi après sa mort !

Il semble bien extraordinaire qu'un écrit de cette importance soit demeuré si longtemps inconnu.
L'ouvrage de 1595 est dû à un moine bénédictin de Douai, Arnold de Wyon, né en 1554, et qui se retira dans une abbaye de Mantoue à la suite des troubles politiques et des guerres survenues en Flandre.

Il était déjà l'auteur de savants traités sur l'histoire de son ordre lorsqu'il fit paraître en 1595 son Lignum vitae (Arbre de vie) dédié á Philippe II d'Espagne et qui était une énumération des bénédictins élevés á l'épiscopat.

Après avoir rapporté les divers épisodes de la vie de l'un d'eux, saint Malachie, il ajoute :

« Il écrivit quelques opuscules. Je n'en ai rien vu jusqu'à ce jour, si ce n'est une certaine prophétie sur les souverains pontifes. Comme elle est courte, qu'elle n'a pas encore été imprimée, á ma connaissance, et que beaucoup désirent la posséder, j'en ai rapporté ici le texte. »

Suivent alors cent onze petites devises allant du pape Célestin Il (1143-1144) á un texte annonçant le jugement dernier et la fin du monde sous le pontificat d'un certain Pierre le Romain, qui pourrait être le 112e pape après Célestin II.

Rappelons que le souverain pontife actuel est le 111e de la liste de saint Malachie. Benoît XVI est-il le dernier pape c’est-à-dire ce fameux Pierre de Rome ? Ou la conclusion de la prophétie décrit le dernier pontificat ?, auquel cas, Pierre de Rome n’a pas encore été élu.

Controverse sur l’authenticité des prophéties de Malachie

Les soixante-quatorze premières devises jusqu'à Urbain VII (1590) étaient suivies d'un court commentaire explicatif dû à un érudit dominicain espagnol, Alphonse Ciacconius, spécialiste de l'histoire des papes.

Certains critiques ont avancé que c'est lui qui aurait écrit le texte en entier et qui aurait abusé la bonne foi d'Arnold de Wyon. Le but : influencer les cardinaux réunis en conclave après la mort d'Urbain VII pour leur faire élire l'évêque d'Orvieto, ami de Ciacconius, le cardinal Simoncelli, en lui donnant comme devise : De antiquitate urbis (de la ville ancienne), c'est-à-dire Orvieto (Urbs vetus : la ville ancienne).

Le trône de Pierre, au Vatican

C'est possible, mais non certain ; en effet, Simoncelli ne fut pas élu, et dans ces conditions on peut s'interroger sur les raisons qui auraient poussé ces érudits à publier cinq ans après une prophétie de circonstance et qui avait par surcroît échoué.

De plus, il est indéniable que la prophétie des papes, dés sa parution, s'étant répandue dans toute l'Europe où elle suscita le plus grand intérêt, fit alors l'objet de recherches et d'études de la part de savants de tout ordre, dont la plupart crurent á son authenticité.

Ouvrage réellement dû á l'archevêque d'Armagh ou bien texte fabriqué á la fin du XVIe siécle ? Il semble difficile de trancher tant que des preuves formelles ne seront pas apportées dans un sens ou dans l'autre.
Ce qui, par contre, demeure le plus intéressant, c'est l'étude de la dernière partie de la prophétie, celle qui se rapporte aux papes élus après l'impression du volume en 1595.

Après cette date, en effet, aucune falsification n'est possible : on ne peut plus dés lors supposer l'intervention d'un mauvais plaisant fabriquant ses prédictions après coup.

La fin des papes selon saint Malachie

Les prophéties de Malachie pour le XXe siècle sont troublantes. Cette prédiction, publiée en 1595 se présente comme une suite de brèves descriptions (deux ou trois mots latins) de 111 papes qui devaient se succéder de 1143 jusqu’à la fin présumée de la papauté.

Les devises de la prophétie des papes

Les 111 devises latines débutent avec Célestin II (1143-1144) pour finir avec un pape encore inconnu qui sera celui qui succèdera à Benoît XVI.

Il est certain que l’on peut toujours en fouillant un peu trouver une corrélation plus ou moins évidente entre une description et le pape concerné. Cependant, si certaines devises sont hermétiques, d’autres sont remarquablement exactes.
Si cette prophétie a fait couler autant d’encre c’est que les « coïncidences » sont nombreuses et donc troublantes.

Il est impossible de toutes les reproduire mais vous trouverez ci-dessous une partie de cette liste.

Montium custos (le Gardien des monts) : le blason d’Alexandre VII (1655-1667) était timbré de trois collines surmontée d’une étoile.

Rosa Umbriae (la Rose de l’Ombrie) : Clément VII (1758-1769) officia en Ombrie, dont l’emblème est une rose, avant de devenir pape.

Ursus velox (l’Ours veloce) : Clément XIV (1769-1774) avait les armes de sa famille timbrées d’un ours courant.

Peregrinus apostolicus (le Voyageur apostolique) : Pie VI (1775-1799) passa les dernières années de sa vie à fuir les conséquences politiques de la Révolution française.

Pie VI peint par Pompeo Batoni, 1775

Aquila rapax (L'aigle rapace ou l'aigle ravisseur) : Pie VII (1800-1823). Il fut emprisonné à Fontainebleau par Napoléon Ier le 19 juin 1812, l'aigle rapace, qui le séquestra et l'obligea de signer le Concordat le 25 janvier 1813.

De balneis Etruriae (Venu des bains d’Etrurie) : Grégoire XVI (1831-1846) officia en Etrurie avant d’accéder au trône pontifical.

Grégoire XVI

Crux de cruce (La croix (venant) de la croix) : Pie IX (1846-1878). Ce pape eût à supporter la croix de la persécution lors de la révolution italienne (le Risorgimento) et cette révolution était dirigée par la maison de Savoie qui porte une croix dans ses armoiries.

Lumen in caelo (La lumière dans le ciel) : Léon XIII (1878-1903). Ce pape appartenait à la famille des Pecci dont les armes représentent une comète dans un ciel d'azur.

Ignis ardéns (le feu ardent), devise de Pie X (1903-1914), a reçu plusieurs explications. Ce pape fut élu en la fête de saint Dominique (le 4 août) dont l'ordre porte pour écusson une torche ardente, allusion à une vision que sa mère eut en songe alors qu'elle le portait dans son sein.

De plus, en tant que cardinal il était titulaire á Rome de l'église Saint-Bernard-aux-Thermes, et cette église avait été bâtie sur l'emplacement même du caldarium des thermes de Dioclétien, qui durant toute l'Antiquité n'avait été qu'une fournaise ardente.

Cette devise fait aussi penser á la Grande Guerre qui débute sous son pontificat. Pie X avait prévu le conflit et même fait allusion á la prophétie de Malachie, à laquelle il croyait, en confiant à l'un de ses proches
« Après ma mort, c'est vraiment qu'il y aura Religio depopulata, la chrétienté sera dépeuplée. »

Religio depopulata (la Religion dévastée) : Benoît XV (1914-1922) dont le pontificat embrassa la Première guerre mondiale et assista à l’épidémie mondiale de la grippe espagnole.
Une fois de plus les foules trouvaient dans l'antique prophétie une explication à leurs angoisses.

Le pape Benoît XV

Dans celle de Pie XI, Fides intrepida (la foi intrépide), on se plut á voir le pape des missions lointaines et de l'action catholique, preuves d'une foi intrépide.

Pastor angelicus (Le Pasteur angélique) : Pie XII (1939-1958) fut un fervent disciple de Saint Thomas d’Aquin, traditionnellement surnommé le « Docteur angélique ». Ce pontife visionnaire et mystique auquel la Vierge serait apparue et qui proclama le dogme de l'Assomption méritait bien cette appellation flatteuse.

Pie XII

Pastor et nauta (le pasteur et le pilote) fut celle de Jean XXIII (1958-1963). Archevêque de Venise, il fut aussi le pilote de l'Église et son pasteur en lui donnant le coup de barre décisif quand il convoqua le concile de Vatican II qui allait l'engager dans des voies nouvelles.

Tombeau de Jean XXIII, dans la crypte de Saint-Pierre, à Rome

Flor florum (la Fleur des fleurs) : Paul VI (1963-1978) avait une fleur de lis dans ses armes personnelles. Ce pontife était en effet natif de Florence, ville qui porte un lys dans son blason, lequel, en héraldique, est appelé la « fleur des fleurs ».

De medietate lunae (De la demi-lune) se rapporte à Jean-Paul Ier (1978) qui ne fut pape que 33 jours. Il mourut le 28 septembre, approximativement au milieu du mois lunaire marqué par les pleines lunes du 16 septembre et du 16 octobre.
Celle-là est difficile à interpréter. Au moment de son élévation sur le trône de Pierre, certains firent remarquer qu'elle visait la première partie de son nom, Lu, c'est-à-dire la moitié de la lune.
Mais sa mort subite, au bout d'un mois seulement de pontificat, frappa les esprits et on crut que la prophétie évoquait plutôt son très court règne et sa mort solitaire, dans le silence de la nuit, sous le signe de l'astre lunaire.

Peut-être annonce-t-elle aussi le règne suivant dont celui-ci aurait été la brève préparation, le règne du soleil qui fait suite á celui de la lune.

Le pape qui fut choisi ensuite ne prit-il pas le même nom que son prédécesseur, ajoutant ainsi à la complémentarité des deux devises ?

De labore solis (Du labeur du Soleil) s’applique à Jean-Paul II (1978-2005). Peut-être une référence au très long pontificat et au souhait de Jean-Paul II de construire une nouvelle ère de la chrétienté ?

Il est indéniable qu’il a œuvré avec patience pour redonner tout son éclat à cette religion dans le monde.
De plus, Jean-Paul II était un pèlerin infatigable qui a œuvré inlassablement dans toutes les parties du monde.

La dernière sentence et l’Apocalypse de saint Jean

La dernière sentence, la 111e, De gloria olivae (de la gloire de l'olive), est plus énigmatique encore.

Cette 111e sentence s’applique donc au nouveau pape élu le 19 avril 2005 qui a pris le nom de Benoît XVI.

Depuis son élection, les interprétations sur la devise le concernant ont fleuri sur le Net. La plupart ne m’ont pas convaincu car vraiment trop « tirées par les cheveux ».
Une seule a retenu mon attention : les branches d’olivier seraient le symbole de l’ordre de saint Benoît en référence à saint Benoît fondateur de l’ordre bénédictin.
Mais, Benoît est un nom assez répandu chez les papes. Il y en a eut 13.

Certains la mettent en parallèle avec un autre texte prophétique, l'Apocalypse de saint Jean. Il s’agit de la « prédication des deux témoins» que mentionne ce livre, à l'apparition du sixième ange.

N'oublions pas que cet ange de l'Apocalypse précède le septième et dernier, celui qui doit annoncer la fin du monde et le jugement final. Or ces deux « témoins » sont désignés sous le nom étrange d'« oliviers ».

L'apparition du dernier ange dans l'Apocalypse est la conclusion naturelle de la lutte engagée entre Satan et le Christ ; c'est aussi la destruction du mal et le triomphe de l'Église.

Or la Prophétie sur les papes se termine par une pensée identique.

Voici le texte : « In persecutione extrema sacrae Romanae Ecclesiae, sedebit Petrus Romanus, qui pascet oves in multis tribulationibus; quibus transactis, civitas septicollis diruetur, et Judex tremendus judicabit populum. »

(Dans la dernière persécution de la sainte Église romaine, siégera Pierre le Romain, qui paîtra ses brebis au milieu de nombreuses tribulations. Celles-ci étant passées, la ville aux sept collines sera détruite et le Juge terrible jugera son peuple.)

Sur cette longue sentence se termine la prophétie de saint Malachie. Elle annonce la venue d'un pape qui prendrait peut-être le nom de Pierre II, qui serait l'ultime pontife de l'Église romaine avant la fin du monde symbolisée par la destruction de la ville aux sept collines, c'est-à-dire de Rome.

Ici encore le parallélisme avec l'Apocalypse est parfait et les événements se suivent dans le même ordre dans les deux textes.

Benoît XVI : avant-dernier ou dernier pape ?

La conclusion de la prophétie n’est pas une devise. Cependant, elle mentionne un certain Pierre le Romain.
Cette conclusion apocalyptique est-elle liée à la 111e devise ou doit-elle être interprétée de manière distincte ?

En résumé, Benoît XVI est-il ce Pierre le Romain ou un autre pape doit-il lui succéder ? Si l’on prend en considération la deuxième hypothèse, le dernier pape serait donc un Italien qui prendrait peut-être le nom de Pierre II.

Il serait d’ailleurs assez surprenant qu’un pape prenne ce nom. En effet, depuis la fondation de la papauté, aucun élu n’a osé s’appeler Pierre.
Pierre était l’un des douze apôtres de Jésus. C’était le chef du collège apostolique, premier évêque de Rome, à ce titre considéré par les catholiques comme le fondateur de la papauté.

Mais c’est également l’apôtre qui renia Jésus à trois reprises peu avant la Crucifixion. Cependant, une triple protestation d’amour répara ce triple reniement.
Il joua un rôle essentiel après la mort de Jésus et oeuvra à la conversion des Juifs.

Le Vatican a été construit à l’endroit où Pierre est mort. Ce décès se situe pendant ou après l’incendie qui ravagea Rome en l’an 64.
Pour satisfaire le peuple en colère qui voulait des coupables, Néron fit sacrifier des chrétiens. Pierre serait donc mort martyr.

Ce dernier point me faire d’ailleurs penser que le dernier pape pourrait s’appeler autrement que Pierre mais pourrait être considéré comme un martyr si la Papauté devait disparaître comme le prévoit la prophétie.

Le jour du Jugement dernier ?

A quoi se réfère exactement la dernière description ?

« A travers de nombreuses tribulations » : cela peut s’appliquer à des conflits ou tout simplement à la difficulté que connaît depuis longtemps la chrétienté de rétablir une papauté forte et reconnue.
Le nombre de catholiques pratiquants n’a cessé de diminuer ces 50 dernières années. Si le pape représente toujours une « force spirituelle », il ne représente plus une « puissance politique ».

« La cité aux 7 collines sera détruite » : il s’agit sans ambiguïté de Rome. Catastrophe naturelle ? Guerre ? Annexion du Vatican ?

Le fléau de l'eau, dans l'Apocalypse selon Jean (enluminure du XIIe siècle)

« Un Juge redoutable jugera son peuple » : On retrouve là la notion de Jugement dernier. Cette phrase est très symbolique. Le « peuple » désigne t-il le peuple des chrétiens ou l’Homme ?

Les croyants y verront une sentence divine. Mais, nul ne peut affirmer que cette dernière prophétie prévoit simplement un effondrement de la Chrétienté ou une catastrophe plus planétaire.
Certains disent que le monde entrera alors dans une nouvelle ère mais la prophétie n’en fait pas mention.

La prophétie du moine Malachie est á tout le moins un bon instrument pour permettre aux hommes que l'avenir angoisse de s'interroger sur leur destin.

Par RaMMi - Publié dans : Histoire / Civilisation / Mystères
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Mardi 19 décembre 2006
 Une méduse géante

En été, nous pouvons observer des méduses s?échouer sur nos plages mais elles ne dépassent pas 50 cm de diamètre.
Des méduses de plus d?un mètre de diamètre sont plutôt rares dans nos régions. Par contre, il existe dans les mers arctiques des méduses dont les tentacules peuvent se dilater pour atteindre 40 m et dont « l?ombrelle » peut atteindre 2 m de diamètre.
C?est d?ailleurs le record officiel de taille pour les méduses.

D?énormes méduses auraient été signalées dans le Pacifique. Ainsi, en 1973, un cargo « le Kuranda »se trouvait au large de Sydney. Il fut presque recouvert par une vague et se retrouva avec, sur le pont, une gigantesque masse gélatineuse, qui aurait pesé dans les 20 tonnes d?après les marins.

Il s?agissait d?une énorme méduse. Ses tentacules, dont certains atteignaient 60 m, fouettèrent furieusement le pont et enlacèrent la salle des machines.
L?un deux frappa mortellement la vigie.

Le Kuranda envoya un S.O.S, et un autre navire arriva à sa rescousse. Son équipage put rejeter le fantastique animal à la mer à l?aide de puissantes lances à incendie.

---------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------Les Prédateurs des Abysses
Découverte des Fonds Marins

Les mers et les océans couvrent plus de 70% de la surface du globe.
Pourtant, on connaît mieux la Lune que les abysses. Dans les grands fonds sous-marins vit un bestiaire étonnant et redoutable pratiquement inconnu.
Dans ce monde du silence où la lumière ne passe jamais, une guerre sans merci est ouverte.

La science n?y croyait pas

Jusqu?au début du 20è siècle, tous les scientifiques s?accordaient à dire que nulle vie n?était possible dans les grands fonds océaniques.
En 1841, E.Forbes affirme : » au-delà de 550 mètres, s?étend le grand « nulle-part » océanique, un immense enfer liquide aussi désert que l?espace inter-sidéral.
20 ans plus tard, des vers sont remontés de fonds de 1 800 mètres.
Dès cet instant, la chasse a commencé. On a découvert des poissons monstrueux, des invertébrés déguisés en végétaux et des êtres étranges venus de la préhistoire.
Cependant, la partie des océans située en dessous de 2 000 mètres représente 60% de la superficie totale de la planète.
Malgré le progrès technologique, nous sommes encore loin d?avoir tout découvert.

Un enfer liquide

Plus on descend, plus la température chute rapidement. Elle se stabilise à 2°C environ en dessous de 2000 mètres.
La pression, elle, augmente. A 10 000 mètres, elle atteint 1 tonne/cm².
En dessous de 3 000 mètres, la lumière ne passe plus. Alors, dans des conditions aussi inhospitalières, comment la vie a-t-elle pu se développer ?


 Une lutte incessante

A plus de 10 Km sous la surface, la vie est là. Pour ne pas être écrasés par la pression, les animaux des grands fonds ont éliminé de leurs corps les cavités remplies de gaz compressible, au profit d?organes pleins d?eau, indéformables.

Faute de lumière, on ne trouve ni algue, ni phytoplancton en dessous de 300 mètres.
La faune récolte les miettes du festin des espèces de la surface.

Un requin-chat

Cadavres, débris végétaux, particules organiques s?enfoncent dans les profondeurs. Grâce à cette aumône, la vie peut se maintenir. Les uns se nourrissent de ces débris, les autres dévorent les premiers.

Des animaux de cauchemar

Le poisson-vipère

Jusqu'à 3 000 mètres environ, règnent d?étranges animaux. La plupart se distinguent par des gueules monstrueuses munies de dents acérées.

Pourtant, tous ces monstres sont des nains qui ne dépassent pas une dizaine de centimètres. En effet, dans cette zone intermédiaire, l?évolution semble avoir favorisée les petites tailles.

Les géants des abysses

C?est à partir de 4 000 mètres que l?on entre vraiment dans le désert abyssal. Pourtant, les espèces qui y vivent sont d?une taille bien plus impressionnante.
Des requins inconnus qui atteignent 7 m ont été filmés à 4 500 m.
L?insaisissable calmar géant que l?on ne connaît que par des cadavres retrouvés à la surface vit certainement à plusieurs milliers de mètres de profondeur. Quelle taille ces mystérieux prédateurs peuvent-ils atteindre ?

Les dépouilles les plus grandes mesuraient une vingtaine de mètres. Mais les cicatrices laissées sur les cachalots démontrent que certains de ces monstres atteindraient 75 mètres !

Un cachalot mesure environ 20 m pour plusieurs tonnes. Il chasse en grande profondeur. Il semble être le seul à oser s?attaquer au calmar géant.

On imagine l?intensité des combats. Certains cachalots harponnés portaient encore les stigmates de la lutte : des fragments d?énormes tentacules encore fixés sur le corps. Malheureusement, aucun calmar géant n?a été observé vivant à cette profondeur.

 

Video Pieuvre géante

D?autres redoutables prédateurs

Si les calmars géants nous fascinent depuis longtemps, il existe d?autres prédateurs tout aussi passionnants.
Les grands fonds sont le terrain de chasse favori de la baudroie. Elle utilise un incroyable stratagème de chasse. A demi enfouie dans le sable, elle reste à l?affût. Pour attirer ses proies, elle agite un leurre, un rayon souple de sa nageoire dorsale, implanté entre les yeux.
Puissants prédateurs des abysses, murènes, congres et mérous sont également redoutables.
Le mérou géant est un carnassier aux mâchoires d?une incroyable puissance. Sa taille peut atteindre 2,50 m pour 300 Kg.

Des oasis inattendues

Au milieu des étendues abyssales où la vie est rare, se trouvent des oasis grouillantes d?espèces. En effet, au voisinage des sources hydrothermales d'une température de 350°C, vivent d?étranges espèces quasiment inconnues.

On a recensé plus de 300 espèces. Curieusement, ce sont dans les zones les plus hostiles, autour de ces sources à haute température, que prospèrent ces animaux. C'est en 1977 que le géologue John Corliss découvre ces énormes cheminées dont certaines font plus de 20 m. Elles ont été baptisées "hot vents" (sources chaudes ou fumeurs noirs).

C'est en l'an 2000 que les scientifiques ont appris que ces sources apparaissent sur les dorsales océaniques (reliefs où s'écartent les plaques tectoniques ce qui laisse affleurer le magma incandescent).

 

Ce liquide hydrothermal est saturé de microorganismes qui nourrissent toute une chaîne alimentaire. On y trouve des vers géants de 2 m de long, des poissons ou des crustacés.

Des mystères non résolus

Découvertes depuis seulement 25 ans, ces oasis gorgées de chaleur et d?hydrogène sulfuré restent mystérieuses ainsi que la faune qui les habite.
Il est très difficile d?observer la vie à une telle profondeur. Peu de sous-marin de recherche sont capables de descendre au-delà de 2000 mètres.

Les chercheurs ont calculé que ces sources ne restaient en activité que 6 ans en moyenne. Chaque zone thermale est éloignée de l'autre de plusieurs centaines voire de milliers de kilomètres. Dans ce cas, comment la vie a t-elle pu se développer dans un environnement aussi éphémère ?

Il faudra sans doute attendre l'expédition prévue en mars 2004 pour en savoir plus.

Jusqu'à présent, on pensait que la vie en profondeur datait de 400 à 350 millions d'années. Mais ces animaux ne sont pas des fossiles vivants inchangés depuis l'ère primaire. Les vers Riftia sont apparus au crétacé moyen (100 millions d'années environ) alors que d'autres espèces datent d'à peine 10 millions d'années.

On peut donc en conclure que ce milieu a connu des extinctions et des recolonisations.

Ces sources seraient-elles à l'origine de la vie sur Terre ?

Un enjeu primordial

La découverte de ces sources chaudes prouve que la vie peut se développer sans lumière et dans des conditions extrèmes.

Cela modifie totalement notre vision de la vie extraterrestre. En effet, on sait maintenant que la vie peut exister sous d'autres formes et dans un environnement totalement opposé au nôtre.
On peut donc envisager la vie dans l'univers d'une manière différente. Il est fort probable que dans les années à venir la réalité dépassera la fiction.

V.B (janvier 2004)

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Les poissons à antigel de l?océan Austral

A proximité du talus continental de l?Antarctique, l?océan se couvre de glace, durant l?hiver. Ces eaux, salées, ne gèlent qu?à ? 1,86°C.
Sous la couche de glace, la température de la mer peut-être inférieure à 0°C.

Malgré le froid, les notothénioïdes, un groupe de poissons y prospère. Ils sécrètent des protéines antigel grâce auxquelles leur organisme résiste aux températures glaciales.

Chionodraco hamatus ne possède pas d'hémoglobine. Le sang des channichthidés est translucide

Ces poissons sont en fait des téléostéens ou poissons osseux. Ils sont présents dans toutes les mers du globe avec près de 25 000 espèces.
En Antarctique, on trouve 295 espèces de téléostéens. Parmi eux, les notothénioïdes possèdent des caractéres adaptatifs remarquables :

Ils ont perdu leur vessie natatoire (poche d?air servant de flotteur)
Au cours de leur évolution, ils ont acquis des protéines qui jouent, dans leur sang, le role d?antigel qui leur permettent de vivre à -2,2°C
Ils ont un rythme physiologique ralenti et compensent en consommant plus d?oxygène

De plus, ce groupe strictement antarctique est monophylétique c?est-à-dire qu?il est constitué de tous les descendants actuels d?un même ancêtre commun.

Mai 2005

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Les trous bleus des Bahamas

Les marins qui naviguent dans les eaux peu profondes des Bahamas ont souvent la surprise de voir soudain disparaître le sable blanc du fond de la mer dans ce qui apparaît comme un trou d’un bleu intense.

Dépassant parfois 100 mètres de profondeur, ces trous bleus sont en fait des grottes souterraines formées il y a environ 18 000 ans.

Une énorme calotte glaciaire continentale avait alors fait baisser le niveau des mers de plus d’une centaine de mètres.
Les Bahamas constituaient alors les collines d’une grande plaine tropicale.

L’eau de pluie, rendue acide par la végétation s’infiltra dans le sol, érodant et dissolvant le sous-sol calcaire et y creusant de vastes cavités souterraines.

Certaines s’effondrèrent sous le poids de la terre dont elles étaient recouvertes et prirent l’aspect de ces gouffres qui abondent aux Antilles et en Floride.

Quand la calotte glaciaire fondit, le niveau des mers remonta. L’eau submergea les terres basses et les gouffres devinrent les trous bleus qui suscitent la crainte.

Trou bleu dans la mer des Antilles, près des îles Caïques, aux Bahamas

Les pêcheurs locaux les apparentent à l’antre de la Lusca, monstre légendaire qui ressemble à une pieuvre.
Quand le monstre est affamé, il enserre dans ses tentacules les navires pour les entraîner dans les profondeurs.
La réalité rejoint parfois la fiction. En effet, les trous bleus peuvent engloutir les bateaux. Ils retiennent le flot des marées dans leurs couloirs sous-marins.

Des courants extrêmement puissants se forment et donnent naissance à des tourbillons qui peuvent faire couler de petits bateaux.
Ils sont bien sur dangereux pour les plongeurs.

On peut cependant les explorer deux fois par jour à l’heure de l’étale des marées. On y découvre alors un monde fantastique. Des stalactites pendent de la voûte des grottes. Ce sont les vestiges de l’époque où elles n’étaient pas submergées.
Une faune totalement unique y évolue depuis des milliers d’années.


Par RaMMi - Publié dans : Zoologie/Ecologie/Géologie
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Mardi 19 décembre 2006

source : dinosoria.com

Les mythes du monde entier se ressemblent souvent sur des thèmes tel que la création du monde, les origines de l’humanité ou la fin du monde.
De nombreux chercheurs se sont intéressés aux mythes principalement parce qu’ils possèdent des points communs alors qu’il s’agit de cultures différentes et surtout distantes géographiquement.
Le mythe du déluge est l’une de ces histoires que l’on retrouve dans de nombreuses mythologies.
Le schéma conducteur est identique et cette coïncidence est assez troublante. On y parle d’un dieu ou de dieux mécontents des hommes qui détruisent le monde par une bonne inondation. Cependant, à chaque fois, il y a deux survivants qui permettent à l’humanité de repartir à zéro.
Pour illustrer ce comparatif, j’ai choisi sept mythologies : la mythologie égyptienne, grecque, nordique, babylonienne, chinoise et amérindienne.
Il est également intéressant de comparer ces mythologies propres aux religions polythéistes avec la mythologie biblique qui, bien que fondée sur un dieu unique, reprend largement le mythe du déluge.

La destruction du monde selon la mythologie égyptienne

Après la création du monde physique et de l’être humain, les dieux se multiplient et entretiennent des liens étroits, comparables à ceux des douze dieux de l’olympe dans la mythologie grecque.

Cette fois encore, l’homme est devenu orgueilleux et pense qu’il est l’égal des dieux. Trop infatué de lui-même, il ignore les mises en garde et devient avare d’offrandes.

Rê, chef de tous les dieux, réunit ces derniers afin de décider d’une punition. Ils décident d’envoyer sur terre la déesse à  tête de lionne, Sekhmet, qui symbolise la vigueur du soleil.

Ne craignant pas de tuer des hommes, Sekhmet se livre à un effroyable carnage et boit le sang de ses victimes.

Les dieux s’inquiètent de la fin proche de l’humanité mais n’arrivent pas à endiguer la fougue de cette déesse vengeresse.

Pour sauver ce qui peut encore l’être, ils inondent un champ d’un liquide rouge sang. Attiré par ce liquide, Sekhmet le boit jusqu’à la dernière goutte et s’effondre « saoulée » par cette boisson concoctée à base de bière.

Sekhmet. (University of Pennsylvania Museum of Archaeology and Anthropology). By Mharrsch Licence

Mais lorsqu’elle se réveille de son coma éthylique, l’humanité est sauvée et les hommes ont compris une leçon : ne jamais négliger les dieux.

Dans la mythologie égyptienne, le mythe du déluge est, si je peux dire, légèrement « aviné ». Cependant, les motifs de l’inondation sont les mêmes que pour les autres mythes : l’homme ne répond plus aux attentes de ceux qui les ont créés. C’est son orgueil qui le mène à une quasi-destruction.

La fin du monde selon la mythologie nordique

Pour les peuples nordiques, nul ne peut échapper à son destin. Le concept de Ragnarök (mort des dieux) est lié à cette idée.
La destruction du monde est donc inéluctable.

Odin, Frøya et les dieux nordiques. By Mixmaster Licence

Ragnarök doit être annoncé par trois années de guerre suivies d’un terrible hiver de trois ans, sans été.
Un immense tremblement de terre brisera alors tous les liens. Fenrir le loup se retrouvera délivré de ses chaînes ainsi que son père Loki.
Jormungand, le serpent cosmique, provoquera un immense raz de marée qui inondera la terre entière.
Les eaux tourbillonnantes emporteront le bateau Naglfar rempli de géants.

Ce relief montre Fenrir engloutissant Odin le jour de Ragnarök

Fenrir et Jormungand marcheront vers la plaine de Vigrid, lieu de l’ultime bataille, tous comme les dieux, conduits par Odin.

Odin sera tué par le loup Fenrir et Thor succombera à ses blessures après avoir tué le serpent cosmique, Jormungand.

A l’issue de ce combat final, des flammes, de la fumée et de la vapeur s’élèveront et le ciel s’obscurcira.
Les étoiles disparaîtront et la terre sombrera dans la mer.

Broche représentant Jormungand

Cependant, Ragnarök ne constituera pas la fin du monde. En effet, le monde ressurgira, vert et fertile et ce sera l’avènement d’un nouvel âge.

Le monde des humains sera repeuplé par deux personnes, Lif et Lifthrasir. L’homme bénéficiera donc d’un nouveau départ et le cycle pourra recommencer.

La mythologie nordique fait référence au déluge mais également à l’arche de Noé et au repeuplement de la terre grâce à un couple épargné par les dieux.

Le déluge selon la mythologie chinoise

Il existe quatre versions principales du mythe du déluge. Dans la première, le dieu-ouvrier Gong-Gong remue les eaux du monde entier à tel point qu’elles se précipitent contre la barrière du ciel.

Le mythe de la double catastrophe du feu et du déluge met en vedette la déesse Nugua, qui met un terme au désastre.

Peinture symbolisant Nugua qui intervient, quand le déluge menace, pour réparer le cosmos

La version majeure narre comment le héros Yu maîtrise les eaux. Des créatures surnaturelles, le dragon aquatique et la tortue, l’aident dans sa mission.
Après avoir canalisé les flots, il partage le monde en neuf régions et devient ainsi le fondateur de la dynastie mythique des Hia, la première de l’âge d’or.

Dragon aquatique. By Steve E Licence

Si le mythe du déluge est omniprésent dans la fin du monde et sa renaissance, par contre, la mythologie chinoise ne fait pas référence à une punition divine, ni à un nouveau départ grâce à quelques survivants qui bénéficient de la faveur des dieux.

Statue du dieu-ciel

On retrouve bien par contre, cette notion du retour à l’ordre naturelle après les catastrophes universelles ainsi que le concept de l’âge d’or.

Les mythes du déluge dans la mythologie amérindienne

Selon la mythologie du peuple cañari de l’Equateur, deux frères échappent à un déluge en se réfugiant en haut d’une montagne, l’Huacaynan.
Lorsque le niveau des eaux baisse, les deux frères doivent survivre. Un jour qu’ils rentrent sans avoir pu trouver la moindre nourriture, ils voient un repas dans leur hutte accompagné de chicha (bière de maïs).
Ce miracle se reproduit 10 jours d’affilée. Le frère aîné décide alors de se cacher pour savoir qui leur laisse cette nourriture.
Il voit alors deux aras préparer le repas. Les deux oiseaux ont des visages de femme. Ils essayent de les attraper mais les oiseaux s’envolent et ne reviennent plus pendant trois jours.

Le frère cadet se cache, à son tour, pour observer les curieux oiseaux. Alors que les oiseaux reviennent, il arrive à attrape le plus petit.

Cet étrange couple vit de nombreuses années ensemble et a six enfants.

Le mythe nous raconte que les Cañari descendent de ces enfants. La montagne, symbole de fertilité, est sacrée.

Ce mythe mélange les métaphores de l’humanité et du monde animal qui exprime un thème andin universel.
La mythologie andine et le panthéon incas particulièrement étaient gouvernés par de puissants dieux qui demeuraient au sommet de pics montagneux.
Ils envoyaient pluie, grêle, foudre ou sécheresse pour tourmenter les hommes. Le seul moyen d’apaiser leur colère était de leur faire des offrandes ou des sacrifices.

Le déluge dans la mythologie grecque

Il existe plusieurs versions du mythe de déluge chez les Grecs.

La version la plus aboutie du mythe du déluge nous vient du poète Ovide, un Romain qui a vécu au Ier siècle avant notre ère.

Selon ce mythe, Zeus descendit sur Terre pour vérifier si les hommes étaient encore contrôlables.
Il rendit visite au tyran Lycaon et se fit invité à dîner. Le peuple s’inclina devant ce dieu mais Lycaon ne lui voua aucune vénération.

Zeus (British Museum). By Gruntzooki Licence

Il tua un prisonnier de guerre, un homme du peuple des Molosses et le fit cuire. Il le servit comme repas à Zeus. Il se dit que si cet invité était un faux dieu, il ne remarquerait pas qu’il mangeait de la chaire humaine.
Manque de chance pour lui, Zeus en vrai dieu désintégra aussitôt Lycaon et son palais puis retourna sur l’Olympe.

Très en colère, Zeus demanda à Poséidon, dieu de la Mer, de créer un gigantesque ras de marée pour submerger la Terre.
Poséidon créa donc un colossal orage et la pluie ne cessa de tomber pendant neuf jours et neuf nuits.
Ce déluge noya l’humanité toute entière.

Poséidon. By Tgigrceny (Montpellier) Licence

Cependant, seul le sommet du mont Parnasse dépassait encore des eaux. Alors, Prométhée qui avait protégé sa famille dit à son fils Deucalion de construire une arche en bois, de la remplir de nourriture, puis d’y faire monter son épouse Pyrrha, la fille d’Epiméthée et de Pandore.

Le couple accosta au sommet du Parnasse. Enfin, les eaux se retirèrent et ils purent descendre pour se rendre jusqu’à un temple.
Là, ils entendirent une voix leur ordonner de se voiler la face et de jeter les os de leur mère derrière eux.

Cet acte aurait été un sacrilège. Le couple réfléchit, se disant qu’aucun dieu, ne pouvait exiger d’eux une telle chose.
Ils comprirent alors que leur mère était Gaïa, la Terre. Donc, ses « os » étaient des pierres. Ils jetèrent donc quelques pierres et celles-ci se transformèrent en hommes et en femmes qui purent repeupler la terre.

Il y a bien sûr, une ressemblance frappante entre le mythe grec et le mythe biblique.

Mythologie babylonienne : Le déluge de Ninive (11e tablette de l’épopée de Gilgamesh)

La Mésopotamie (Irak actuelle) est la source de nombreux mythes qui comptent parmi les plus anciens que l’on connaisse.

Le récit est conté à Gilgamesh par le héros Utanapishtim. Les similitudes avec le déluge biblique sont frappantes.
L’épopée de Gilgamesh date de plus de 4 000 ans avant notre ère.

Gilgamesh (British Museum) By Litmuse Licence

Utanapishtim, citoyen de la cité babylonienne de Shuruppak, reçoit un message secret du dieu Ea l'avertissant que les dieux sont sur le point de noyer la terre sous un déluge.

Empreinte d'un sceau-cylindre sumérien représentant un jugement d'Ea

Ea ordonne à Utanapishtim de construire un bateau.

Sur le vaisseau terminé, Utanapishtim embarque de l'or et de l'argent, les membres de sa famille et un représentant de chaque espèce animale. À l'heure dite, les digues se rompent et la pluie tombe. La tempête est si terrible que même les dieux en sont effrayés.

Utanapishtim sur son bateau

Au septième jour, les eaux se retirent et Utanapishtim constate que son bateau s'est échoué. Il libère la colombe et l'hirondelle mais celles-ci reviennent au bateau. Seul le corbeau consent à s'installer sur la terre ferme. Utanapishtim fait débarquer sa famille et célèbre son salut par un sacrifice au cours duquel il verse des libations et brûle de l'encens.

11e tablette de l’épopée de Gilgamesh. By Atonal Licence

Attirés par l'agréable senteur, les dieux se rassemblent autour d'Utanapishtim et de sa victime. Lorsque vient la déesse-mère, elle pleure la destruction de ses créatures et jure de ne jamais oublier. Elle accuse Enlil de la destruction presque totale de l'humanité. Enlil est furieux qu'une famille humaine ait réussi à échapper au déluge, mais Ea lui avoue qu'il a organisé lui-même le périple d'Utanapishtim.

Apaisé, Enlil bénit le héros et son épouse et leur accorde la vie éternelle.

La mythologie biblique et le déluge

Dieu voit que l’homme ne pense qu'au mal et se repent de l'avoir créé. II décide d'effacer de la surface de la terre tous les hommes et les animaux. Seul Noé, homme juste et parfait, trouve grâce à ses yeux.

Dieu dit à Noé qu'il a résolu de faire périr tous les hommes en les soumettant à un déluge qui détruira tout sur la terre. II commande à Noé de construire une arche en bois de pin, d'y aménager des cellules et d'en enduire la coque de poix, puis il lui ordonne de monter à bord de l'arche en compagnie de sa femme, de ses fils, d'un couple d'animaux de chaque espèce, et d'assez de vivres pour les nourrir tous.

Le Déluge, fresque de Paolo Uccello. Licence

Noé fait ce que Dieu lui a commandé. Sept jours plus tard, les eaux du déluge s'abattent sur la terre pendant quarante jours et quarante nuits. Les eaux soulèvent l'arche et submergent tout, tuant les créatures restées sur terre. Après quelque temps, Dieu se souvient de Noé et de l'arche. II ferme les sources de l'abîme et les écluses des cieux, et la pluie cesse de tomber. Lentement, les eaux se retirent de la terre.

Après quarante jours, Noé libère la colombe mais, ne trouvant aucun endroit pour se poser, elle revient sur l'arche. Après sept jours, il envoie à nouveau l'oiseau, qui revient le bec chargé d'un rameau d'olivier. Sept jours plus tard, Noé libère à nouveau la colombe, qui cette fois ne revient pas.

Mosaïque de la basilique Saint-Marc, à Venise, qui illustre le Déluge

Noé comprend que la surface de la terre a séché et Dieu lui commande de sortir de l'arche avec sa femme, ses fils et tous les animaux.
Noé construit un autel et sacrifie à Dieu plusieurs des bêtes pures et des oiseaux purs. Sentant une odeur agréable, Dieu décide de ne plus maudire la terre pour le salut de l'homme  car c'est dans le coeur de l'homme que réside le mal.

II bénit Noé et ses fils et décrète que les animaux doivent vivre dans la crainte de l'homme, puis il fait apparaître un arc-en-ciel dans le ciel.

Que doit-on en conclure ?

Il semble y avoir un mythe original qui s’est propagé à travers le monde. Les mythes expliquent souvent des phénomènes naturels qui ont réellement existé.
Ils symbolisent également l’anxiété et les peurs propres à l’homme.

Des mythologies aussi éloignées géographiquement que celles de la Grèce et du Japon comportent des similitudes. Pourquoi ?

Dans toutes les cultures, quatre grandes questions, sont posées et les mythes tentent de répondre aux interrogations des hommes :

  • La création du monde

  • La cosmogonie : description du monde, des étoiles, du ciel et des Enfers

  • Les origines de l’humanité

  • La fin du monde et surtout celle de l’humanité

Ces questions sont aujourd’hui traitées de manière scientifique mais le progrès est loin d’avoir résolu toutes ces énigmes.

On ne peut que penser que la coïncidence est étrange. Comment des cultures ont-elles pu posséder des mythes aussi ressemblants.

Il serait tentant de penser qu’un savoir universel réside dans la mémoire humaine ; savoir qui nous viendrait d’un lointain héritage.
Cette théorie nous ramène à une première humanité qui aurait disparu pour laisser un maigre héritage aux rares survivants.

Les esprits plus rationnels penchent tout simplement pour une communication orale d’un mythe du fait que l’homme, de tous temps, a toujours voyagé.
Avant l’invention de l’écriture, l’homme communiquait. Il y a-t-il eu emprunt de ces mythes qui sont venus se greffer sur les croyances locales ?

Quelle que soit nos convictions dans ce domaine, une question reste posée : d’où le mythe original provient-il ?

V.B (10.12.2006)

Par RaMMi - Publié dans : Histoire / Civilisation / Mystères
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