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Georges Dumézil, philologue, historien, comparatiste et académicien français :
 
" Au régiment, j'ai découvert des hommes qui n'étaient pas des intellectuels ou des intellectuels fort différents de moi… J'ai pensé à autre chose. C'est la grande transformation, je dirais presque l'épanouissement de ma vie. Si vous voulez, la guerre m'a fait entrer dans l'humanité, et j'espère n'en être jamais plus sorti. "

Entretiens avec Didier Eribon, Georges Dumézil, éd. Gallimard, coll. Folio essais, 1987, p. 41


Jacques Le Goff, historien français spécialiste du Moyen Âge
:

" Malgré une hostilité le plus souvent très vive des Français à l'égard des musulmans, la France a fait du Moyen Age à nos jours des emprunts culturels et humains à l'islam qui ont enrichi et continuent d'enrichir sa vie sociale et intellectuelle. "

Histoire de l'islam et des musulmans en France, paru Albin Michel, 2007, p.13, Ouvrage collectif.



Emmanuel Todd est un politologue, démographe, historien, sociologue et essayiste français :

" Si Sarkozy existe en tant que phénomène social et historique, malgré sa vacuité, sa violence et sa vulgarité, nous devons admettre que l'homme n'est pas parvenu à atteindre le sommet de l'Etat malgré ses déficiences intellectuelles et morales, mais grâce à elles. C'est sa négativité qui a séduit. Respect des forts, mépris des faibles, amour de l'argent, désir d'inégalité, besoin d'agression, désignation de boucs émissaires dans les banlieues, dans les pays musulmans ou en Afrique noire, vertige narcissique, mise en scène publique de la vie affective et, implicitement, sexuelle : toutes ces dérives travaillent l'ensemble de la société française; elles ne représentent pas la totalité de la vie sociale mais sa face noire, elles manifestent son état de crise et d'angoisse. [...] Au fond, nous devrions être reconnaissant à Nicolas Sarkozy de son honnêteté et de son naturel, si bien adaptés à la vie politique de notre époque. Parce qu'il a réussi à se faire élire en incarnant et en flattant ce qu'il y a de pire autour de nous, en nous, il oblige à regarder la réalité en face. Notre société est en crise, menacée de tourner mal, dans le sens de l'appauvrissement, de l'inégalité, de la violence, d'une véritable régression culturelle. "

Après la démocratie, Emmanuel Todd, éd. Gallimard, 2008, p. 16

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Samedi 4 juillet 2009

Par RaMMi (by Luke Production)
source : Techno-Sciences

Rapport spécial relatif à la gestion de la phase de développement et de validation du programme Galileo1.
Le programme Galileo a été lancé au milieu des années 90 dans le but de mettre en place un système global de navigation par satellite européen. Il a été affecté par des retards et des dépassements de coûts importants. Le présent rapport spécial présente l’analyse relative à la phase de développement et de validation du programme, réalisée par la Cour.


La constellation Galileo

L'audit a couvert la période durant laquelle l'entreprise commune Galileo (Galileo Joint Undertaking - GJU) a assuré la gestion de la phase de développement et de validation et a porté en particulier sur le mandat qui lui avait été confié, la façon dont elle a été mise en place et la gestion des tâches qui lui avaient été assignées. L’entreprise commune Galileo, opérationnelle de septembre 2003 à fin 2006, se présentait comme une structure investie d’une mission de gestion, créée par la Commission européenne et l'Agence spatiale européenne .

Les constatations de la Cour portent sur les différentes tâches imparties à l'entreprise commune Galileo pendant la phase de développement et de validation ainsi que sur les aspects concernant la gouvernance du secteur public. La Cour examine également les raisons pour lesquelles l'entreprise commune Galileo n’a pas réussi à atteindre la plupart de ses objectifs.
La Cour est parvenue à la conclusion que la gestion de la phase de développement et de validation s'est avérée inadaptée. Le programme Galileo a rencontré des problèmes à différents niveaux. La mission principale de l'entreprise commune Galileo consistait à négocier un partenariat public-privé (PPP) aux termes duquel le secteur privé investirait, en partenariat avec la Commission européenne, dans la création et l’utilisation de l’infrastructure Galileo. Les négociations relatives au contrat de concession menées avec le secteur privé ont été interrompues début 2007. Dans le cadre de son audit, la Cour a examiné les facteurs à l'origine de l'échec de la procédure de mise en concession et conclu que l'élaboration et la conception du PPP n'étaient pas adaptées. En conséquence, l'entreprise commune Galileo a été contrainte de négocier un PPP irréaliste.

La supervision des actions de développement technologique, tâche incombant à l'entreprise commune Galileo, a été considérablement limitée par des questions de gouvernance, un budget incomplet et des retards, ainsi que par l'organisation industrielle de la phase de développement et de validation. Les résultats en matière de recherche et de développement technologique n'ont eu qu'une utilité limitée. L'intégration du Service européen de navigation par recouvrement géostationnaire EGNOS dans Galileo n'a été qu'une réussite partielle. La Commission n'a pas donné les impulsions adaptées au développement et à la gestion du programme Galileo.

Enfin, le rapport de la Cour comprend une série de recommandations précises à l’intention de la Commission. Le programme Galileo a subi, dans son organisation, des changements notables depuis 2007. Toutefois, un bon nombre des enseignements tirés de l'entreprise commune Galileo présente un intérêt tant pour la poursuite du programme Galileo que pour, le cas échéant, d’autres entreprises communes et programmes industriels.
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Mercredi 1 juillet 2009

Par RaMMi (by Luke Production)
source : Futura-Sciences

Le paradoxe de Fermi est un argument invoqué pour conclure à l’absence de forme de vie intelligente technologiquement développée autre que l’espèce humaine dans la Galaxie. Deux membres de la Pennsylvania State University pointent du doigt ce qu’ils considèrent comme une faille dans le raisonnement de Fermi : la non prise en compte des contraintes d’un développement durable.


L’image est légendaire. En 1950, alors qu’ils sont occupés à concevoir la bombe à hydrogène, Enrico Fermi et Edward Teller déjeunent avec quelques collègues à Los-Alamos. La conversation porte sur la possibilité que les Ovnis commençant à défrayer la chronique aux Etats-Unis soient effectivement des engins extraterrestres capables de franchir le mur de la lumière.

 

Habitué aux estimations rapides des ordres de grandeurs en physique, Fermi ne tarde pas à estimer le temps qu’il faudrait à une civilisation croissant dans la Galaxie selon une loi exponentielle pour en coloniser toutes les étoiles, même en se déplaçant à une infime fraction de la vitesse de la lumière.

 

Sa conclusion semble sans appel. Il faudrait moins de cent millions d’années, probablement même un seul million d’années si un dixième de la vitesse de la lumière peut être atteint, ce qui n’est pas impensable lorsque l’on considère des projets comme Daedalus utilisant des explosions thermonucléaires.

 

Or, même à cette époque, on savait que l’âge de l’Univers et en particulier de la Voie lactée devait être supérieur à quelques milliards d’années. Si l’on imaginait l’apparition ne serait-ce que de quelques civilisations extraterrestres dans la Galaxie pendant ce temps, elles auraient largement eu le temps de créer un empire galactique dont nous ferions partie. Au minimum, les constructions issues d’empires successifs dans la Voie lactée devraient être partout autour de nous dans le système solaire. Fermi s’exclama alors : « mais où sont donc les extraterrestres ? ».

Depuis des décennies, les tenants des contacts entre ET et humains se démènent pour échapper à la conclusion pessimiste issue de l’argument baptisé depuis le paradoxe de Fermi.

 

L’un des derniers avatars de ce débat provient d’un article publié sur Arxive par Jacob Haqq-Misra et Seth Baum. Pour eux, de même qu’un développement exponentiel est impossible sur Terre et que, de plus en plus, nous sommes confrontés aux contraintes d’un développement durable, un empire à l’échelle de la Galaxie rencontrerait aussi ces limites, contraignant les civilisations à ralentir leur expansion et interdisant une colonisation complète de la Galaxie.

 

Une civilisation ne pourrait-elle pas maîtriser sa progression ?


Le concept est intéressant mais bien peu convaincant…

 

Il suppose qu’une civilisation voulant coloniser la galaxie devrait nécessairement voir croître de façon exponentielle sa population et son utilisation des ressources. Cela semble absurde.

Il n’est pas difficile d’imaginer qu’une civilisation développée saura aussi limiter sa population sur chaque planète habitable de son système principal et laisserait l’étude et la surveillance des autres à une flottille de machines de Von Neumann. On peut très bien considérer une population d’une centaine de milliers d’individus par planète habitable par exemple.

 

Qui plus est, si l’on pose l’hypothèse de l’existence de centaines de civilisations technologiquement développées dans la Galaxie depuis quelques milliards d’années, même en imaginant que chacune d’entre elles ne colonise qu’un dixième de la Galaxie, on n’échappe pas à l’argument de Fermi. Une extrême rareté de la vie intelligente technologiquement développée dans l’espace et dans le temps, ou peu s’en faut, semble l'hypothèse la plus probable à l'échelle d'une galaxie. Les arguments de Misra et Baum seraient sans doute plus convaincants s'ils s’accompagnaient de calculs numériques, même simples, dans un modèle de colonisation donné, mais ils n’en donnent aucun.


Un exemple des projets de colonie spatiale (ici le concept de planète creuse de Gerard O'Neill) étudiés au début des années 1970 pour permettre à l'humanité de repartir sur de nouvelles bases, débarrassées des archaïsmes du passé et préparer la colonisation des étoiles. Crédit : NASA Ames Research Center
Un exemple des projets de colonie spatiale (ici le concept de planète creuse de Gerard O'Neill) étudiés au début des années 1970 pour permettre à l'humanité de repartir sur de nouvelles bases, débarrassées des archaïsmes du passé et préparer la colonisation des étoiles. Crédit : NASA Ames Research Center
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Mercredi 1 juillet 2009

Par RaMMi (by Luke Production)
source : Futura-Sciences

Pendant 17 ans, elle a tourné autour du Soleil, survolant ses pôles pour la première fois. Ses renseignements ont permis de mieux comprendre l'influence de notre étoile sur son environnement et même de faire progresser la cosmologie. Prévue pour durer 5 ans, Ulysse, la sonde de l'Esa et de la Nasa, a vaillamment résisté à la vieillesse et à une kyrielle de pannes. Elle s'est officiellement éteinte, au milieu des applaudissements.


« S’il existait un Panthéon des satellites, Ulysse y figurerait en place d’honneur », écrivait Futura-Sciences, sous la plume de Jean Etienne, il y a presque exactement un an, quand Ulysse (Ulysses en anglais) atteignait déjà l'âge de la retraite. Cette mission exceptionnelle, menée conjointement par l'Esa (l'Agence spatiale européenne) et la Nasa, a en effet apporté un bilan scientifique hors du commun. L'idée originelle, il est vrai, était d'étudier un aspect du Soleil que personne n'avait jamais vu : ses pôles.

 

Lancée en octobre 1990 par la navette Discovery (prête en 1986, elle a dû patienter quatre ans, le temps de la reprise des vols après l'accident de Challenger), la sonde Ulysse (370 kg au décollage) a filé vers Jupiter. Profitant de l'attraction de la planète géante pour accélérer et s'échapper du plan de l'écliptique, elle s'est ensuite mise en orbite polaire autour du Soleil. En 1994, de juin à novembre, elle a survolé son pôle sud à 300 millions de kilomètres (deux fois la distance Terre-Soleil) puis le pôle nord l'année suivante.


Une simulation des vents solaires sur le plan de l'écliptique, comme s'il était vu d'un endroit situé dans l'axe des pôles du Soleil, au centre (cliquer sur l'image pour l'agrandir). La Terre est le petit point noir que l'on distingue à 320° (quart inférieur droit). Publiée en 2005, cette carte est basée sur les données d'Ulysse et indique les trajectoires des deux sondes Voyager, qui ont atteint les limites de l'héliosphère. Elle montre le champ magnétique solaire (en bleu) et la distribution des vents solaires (en rouge). Les résultats d'Ulysse ont démontré une structure en spirale, visible sur cette image. © Intriligator, D.S. et al.

Depuis, Ulysse a parcouru plus de huit milliards de kilomètres et apporté une moisson de données particulièrement abondante. Ses instruments ont permis d'étudier selon un autre point de vue l'héliosphère, cette bulle immense qui englobe notre système planétaire, parcourue par les vents solaires.

 

Un nouveau satellite du Soleil


Jusque-là, les astrophysiciens ne pouvaient l'observer que depuis le plan de l'écliptique. Ulysse a apporté une dimension supplémentaire, conduisant à redessiner les cartes 3D du champ magnétique solaire, de l'héliosphère et des vents solaires. De quoi chambouler les modèles, et rien ne passionne davantage un astrophysicien...

De façon inattendue, Ulysse a également découvert un afflux d'atomes d'hélium neutre dans les poussières d'origine interstellaire. Cette découverte a conduit les astrophysiciens à conclure que l'Univers ne possède pas assez de matière pour contrecarrer son expansion.


Une carte en 3D de l'héliosphère (cliquer sur l'image pour l'agrandir). Le Soleil (Sun) est au centre, émettant radialement des particules, le vent solaire, à des vitesses supersoniques (bulle en bleu foncé, Region terminating the region of the supersonic solar wind). Sa frontière est la zone du choc terminal où le vent solaire ralentit brutalement, jusqu'à des vitesses subsoniques (bulle étirée, en bleu clair, Subsonic flow), dont la limite est l'héliopause. Ce flux solaire est déformé par les vents interstellaires (en jaune, Interstellar winds), en fait la matière rencontrée par le système solaire dans son voyage autour de la Galaxie. La zone de vent solaire subsonique s'étend loin dans la direction opposée ; c'est l'héliogaine. Cette cartographie doit beaucoup à Ulysse. © Esa

Prévue pour une durée de cinq ans, la mission d'Ulysse a été prolongée au-delà de toutes les espérances. Mais les pannes se sont logiquement multipliées ces dernières années, la pire survenant en 2003. Le système principal de transmission cessait de fonctionner. Restait alors un équipement de secours, qui a rendu l'âme en 2008. Dans les faits, comme l'expliquait Futura-Sciences en juin dernier, la mission Ulysse était alors terminée, la sonde en étant aux soins palliatifs.

 

L'Esa et la Nasa ont finalement décidé hier de mettre officiellement fin à la mission, en invitant la presse et les membres des équipes qui sont intervenues depuis 1990, pour un enterrement en grande pompe. Ulysse, cependant, poursuit son voyage. Elle est désormais une petite comète gelée, à la curieuse structure métallique et à l'étrange orbite polaire, que nos descendants ou d'autres visiteurs rencontreront peut-être un jour.


La sonde Ulysse, avec sa grande antenne, restée constamment dirigée vers la Terre tant que l'énergie à bord était suffisante pour l'orienter. © Esa
La sonde Ulysse, avec sa grande antenne, restée constamment dirigée vers la Terre tant que l'énergie à bord était suffisante pour l'orienter. © Esa
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